Histoire de Moulins la Marche

Le nom de la localité est attesté sous la forme de Molinis vers 10504. Issu du latin molinus, le toponyme Moulins est lié à une activité meunière5. Aux temps féodaux, une marche était une zone frontalière, ici entre le duché de Normandie et le comté du Perche.

En 1823, Moulins-la-Marche (768 habitants en 1821) absorbe Courdevêque (95 habitants, à l’ouest du territoire, aujourd’hui « Cour d’Évêque ») et Ronxoux (78 habitants, au nord)6.

Le 17 août 1944 eut lieu un accrochage meurtrier entre un groupe de résistant et un groupe d’une quinzaine d’Allemands. Après avoir libéré Courtomer, Jean Lincker, un résistant, fut averti par un agriculteur qu’un petit groupe d’Allemands venait de quitter sa ferme. Aussitôt, Lincker forma un groupe de six membres composé de Jean Fillâtre, André Vimal du Boucher, Pierre Jacquot, André Pillou, Alferd Pommier et Roger Rycroft (pour la plupart originaires d’Argentan). Cet accrochage fut restitué par Jean Lincker7 :

« Arrivé à la gare de Moulins, j’aperçus quelques Boches armés de fusils. Je disposai alors mes hommes de chaque côté de la route par moitié et nous avançâmes à leur rencontre. Environ à 150 mètres d’eux, nous nous vîmes en présence d’un groupe de 15 à 18 Boches, armés de mitrailleuses et mitraillettes, commandés par un officier. Notre présence ayant été remarquée, je commandai le feu à l’instant précis où les Boches nous tiraient dessus. Au bout d’un quart d’heure environ, alors que l’officier allemand avait été tué, Pierre Jacquot tomba le premier avec une rafale de mitrailleuse dans le ventre puis André Vimal du Boucher qui était devant moi, reçut une balle en pleine tête. A la même seconde, j’eus le bras fracassé par une balle et mon camarade Jean Fillâtre, qui se trouvait derrière moi, reçut une balle en plein poitrine. Il y eut un très court moment de répit, puis je recommençai à tirer ainsi qu’André Pillou, Roger Rycroft et Alfred Pommier. Cependant, me rendant compte que la bataille était inégale, je donnai l’ordre du repli. »

— Compte rendu de Jean Lincker, sans date, repris par Charles Geslain et André Jidouard, Histoire d’une ville, Argentan de 1939 à 1945, 1994.

Depuis, une stèle a été érigée sur les lieux en 1949, en la mémoire de ces résistants morts au combat, au lieu-dit le Clos Mottet.

 

Les Moulinois célèbres

BAYARD de la VINGTERIE Ferdinand Marie (1763-1855), écuyer, ancien officier d’artillerie au régiment d’Auxonne. Né à Moulins-la-Marche le 2 février 1763, † le 2 mars 1855.

Enterré au cimetière du Père Lachaise

Auteur du livre « Voyage dans l’intérieur des Etats-Unis »

 

MORAND Cénéri (1852-1917), né à Ferrières-la-Verrerie (61-Orne), le 8 février 1852 . Il est mort et enterré à Moulins-la-Marche, le 16 Juillet 1917. Peintre impressionniste.
Comme tout le monde, nous le retrouvons, aux environs de 1880, à Paris. Il est l´éléve de Bassot et il fait partie du cénacle de la rue Jacob qui se réunit, tous les jeudis, à la brasserie Alsacienne de la mère Clarisse, un ancien modèle devenue cabaretière. Charles Cros, James Vibert, Boucher, Van Muyden, Koudatcheff, Albert Benard, Verlaine, faisaient partie, avec lui, de ce cénacle. Là, dans la fumée des pipes, on buvait de la bière en échangeant des idées anarchistes : c´était la bohème.
Un chagrin d´amour, en 1887, aurait assombri sa vie (Elyka Brugnières, qui disait des poèmes anarchistes de l´avant – garde d´alors au cabaret de la mère Clarisse).
Ce chagrin, ou cette déception, doivent être réels puisque c´est à cette époque que Morand se retire à Etiolles, un petit village des Yvelines.
Mais, durant toute cette période, jusqu´en 1900, une nostalgie de la Normandie le ramène régulièrement dans les collines du Perche. Puis il revient à Moulins-la-Marche où il possède une maison  » La Maladrerie « .